Daniel Van de Velde
1964, Joigny, France

 

 

   Daniel van de Velde vit dans le Var et travaille au gré de ses projets… Par la sculpture, l’installation, la photographie, l’écriture, la poésie ou la vidéo, il recherche les réponses les plus justes et les mieux adaptées aux propositions d’interventions et d’expositions qui lui sont faites.  
   En dehors de ses expositions personnelles, il a participé à de nombreuses manifestations artistiques en relation avec les problématiques de la sculpture, du paysage et de l’environnement, en France, en Argentine, en Belgique, en Corée du Sud, en Italie et au Japon. 


   « Je creuse en suivant les cernes de croissance. Évidé, segmenté, allégé, l'arbre résonne par le vide qui révèle l'énergie nécessaire à sa croissance sur un certain nombre d'années. La sculpture ancre le corps de chacun dans la réalité terrestre que l'arbre conditionne. Quand l’œil glisse à l'intérieur du tronc éventé qui absorbe la lumière en une spirale inversée, le regard redevient cosmique.

 Je n'ai jamais fait abattre d'arbre pour réaliser une sculpture. Chaque oeuvre émane d'un amoncellement de bûches, d'arbres tombés suites à des intempéries. Ma démarche n'occasionne pas de déchets. Ce qui émane de l'évidement retourne à la terre ou bien sert de support à la permaculture.»

 Daniel Van de Velde

 « Présence obsédante et pourtant légère, l’arbre, dans l’œuvre de Daniel van de Velde, semble s’être délesté de sa charge millénaire d’affects et de symboles, en même temps qu’il s’est vidé de sa substance. Ni totem, ni colonne – ou alors décollée du sol et tournoyante-, sa verticalité même remise en question, l’ «axe de l’univers » flotte désormais, affranchi de toutes les anciennes cosmogonies. Tantôt suspendu à des filins au-dessus d’un sentier, tantôt posé, presque négligemment, entre une fourche d’arbre et un mur de jardin, parfois traversant obliquement, en passe-muraille, les cloisons et les toits, il est toujours travaillé dans le scrupuleux respect de sa forme initiale et néanmoins, de façon paradoxale, à l’encontre de toute idée d’enracinement. D’objet aux « vertus intégrantes », selon Bachelard, rassemblant les éléments et les énergies naturelles, occupant toujours la même place, celle du centre, et garant de la stabilité du monde, le voilà dématérialisé, déterritorialisé, et d’une certaine façon, démystifié. » 

Colette Garaud – Auteure et critique d’art

A propos de Numérique à Minima (recueil de poésie chromatique) : 


Ceci n'est pas un livre. On pourrait juste dire oser dire après coup que ceci est réellement une projection du texte comme monde. Autrement dit une vraie fiction, parce que fiction c'est fingere, parce que fingere c'est faire, parce que chacun peut faire de chaque page ce qu'il veut : une oeuvre aboutie ou pas, une oeuvre définitivement inachevée ou pas, un produit fini ou pas, un livre ou pas avec un commencement ou pas, une fin ou pas. Comme dit Kostas Axelos, on pourrait juste penser que la pratique du numérique à minima que Daniel van de Velde s'est autorisé amusé à explorer dans cet ouvrage aura réussi à rendre lisible, visible, intelligible ce qui sans la ruse de l'art aurait pu continuer à se taire, être tu, ne jamais paraître apparaître. Ce qui sans poésie serait sans doute imperceptible. Une manière d'être sans être. Une forme de présence prégnance fondée sur le silence en tant que clairière d'une absence. Une île pour un ex-nihilo, un rien sans fond à mi-chemin de l'un-tout et du tout-rien. Même pas peur du vide. » 

Karine Vonna Zürcher – curator.

« Daniel Van de Velde utilise le bois et ses dérivés pour créer des installations. Ses sculptures sont ainsi réalisées à partir de troncs segmentés que l'artiste évide jusqu'à ce que le matériau ne soit plus qu'une paroi qui enserre du vide. Suspendu ou posé, l'arbre se trouve alors libéré de sa verticalité.  
  Daniel Van de Velde lie sa pratique de sculpteur à une activité d'écriture et notamment de poésie qui lui permet de questionner nos capacités visuelles. Il fixe les paramètres d'apparition d'un poème selon des fréquences allant de minima visuels à des maxima visuels par tout un jeu de graduations de teintes qui donnent au poème une visibilité chromatique.  
« Les Fréquences d'Apparition, série de dix poèmes visuels réalisés en 2014 lors d'une résidence artistique dans les Cévennes, sont des créations numériques présentées ici pour la première fois. Lors de ce séjour l'artiste n'a de cesse de marcher, jour et nuit, pour se délester de ce qui conditionnait alors son existence. Les poèmes ont été rédigés lors de moments de pause, plus méditatifs. Dans ces textes typographiés, l'écriture ne vient plus servir une volonté d'expression ni de communication, s'éloignant en cela de son rôle initial, mais devient formes visuelles dont la vibration poétique traduit une multiplicité de possibles. »

Fabienne Grasser.Fulcheri – curator, directrice de l'Espace de l'art concret.

© 2019 Daniel Van de Velde